Laurent nous fait rire, éperdument, aux larmes, comme il peut nous faire pleurer. C’est un feu d’artifice permanent, une sorte de DALI délirant toujours en train de peindre et repeindre avec ses mots la société qui l’entoure. Il ne peut pas s’en empêcher, c’est plus fort que lui, et quel plaisir ! Qu’il goûte un bon vin - dont il a la passion - avec sérieux, il nous expliquera son cépage, mais finira bien par nous imiter le vigneron lors de leur rencontre, et le nectar aura le goût d’un éclat de rire… Il s’amuse comme un gosse à imiter les adultes. Un don d’observation rare qu’il met au service de son récit, dans un texte acéré comme une flèche qu’il décoche pour faire mouche en pleine cible. Celle du rire et de l’étonnement. Mais parler en quelques mots de Laurent n’est pas simple ; c’est un être complexe en perpétuelle recherche de lui-même, une sensibilité à vif, qui puise sa source aux confins de ses douleurs, là où, selon moi, héroïquement, il n’a pas peur d’aller pour se comprendre. C’est pour cela que son histoire, ses histoires, tous les personnages qu’il incarne ont une dimension, un relief, une psychologie, un parcours, qui, derrière le rire, nous vont droit au cœur.
Christophe LUTHRINGER sur Facebook.
J’aime parler d’espace vide, mais Laurent le remplit tellement bien, qu’il m’est aujourd’hui difficile de l’évoquer ! Finalement je n’ai pas eu grand-chose à faire… Laurent a tout écrit et imaginé. Cette écriture déjà scénique est tellement intime à l’auteur-acteur, qu’il m’a suffi de surfer sur la vague de son talent.
Je suis juste son premier spectateur… Ceci dit, je n’ai pas eu trop à le rassurer. La finesse de son écriture, le comique des situations, la si juste interprétation de Laurent dès le début des répétitions ont été pour moi une promenade dans des paysages sociaux complètement éclectiques que Laurent a traversés …
Mais ce voyage, si drôle qu’il soit, n’a rien d’anecdotique. Ces formes nous parlent d’un fond tout aussi intéressant : celui d’un homme atypique qui nous révèle avec humour les difficultés de vivre ses différences dans une société et un milieu victime de sa surconsommation de « normalité ».
Côté scénographie : Un feu d’artifice de lumières et de musiques pendant une heure dix. Côté direction d’acteur : Une pléiade de personnages que nous avons tous deux soigneusement sculptés et «taillés» pour ne garder de leurs caractères que le diamant le plus pur !
Nous nous sommes bien amusés et je veux croire qu’il en sera de même pour les spectateurs.